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C’était dit : il me fallait retourner au Mustang, vite, très vite… Alors, tout juste un an après avoir découvert ce joyau himalayen au cours de la marche d’acclimatation qui précédait le franchissement du Saribung La au cœur du Damodar himal, me revoici sur une exploration en profondeur de cet ex-royaume, sur les traces, une fois encore, de Paulo Grobel, à la découverte de paysages de déserts d’altitude entaillés de profonds canyons aux falaises creusées de cavernes hébergeant de manière confidentielle quelques monastères troglodytes ancestraux. Le topo s’intitule « Mustang secret » car le parcours emprunté dans la première partie du trek n’est pas officiellement autorisé par les autorités népalaises. Ce n’est qu’avec l’obtention d’un permis spécial « expédition » (accordé pour l’ascension d’un sommet) que vous pourrez parcourir cet itinéraire d’exception et… secret. Les différentes « expéditions » qu’a pu mener Paulo Grobel au retour d’ascensions dans le périmètre du Damodar himal, ou celle-ci opérée à l’automne 2011, apportent chacune leur pierre à l’édifice. Certes en trichant avec la règlementation en vigueur, mais avec le but avoué d’une adaptation de cette règlementation (inepte à vrai dire) afin que chacun d’entre nous puisse aller à la découverte d’exceptionnels paysages et partir à la rencontre de ce peuple de lobas, que ce soit dans les villages ou dans les vallées les plus reculées lorsqu’ils vont faire paître leurs troupeaux de yacks ou de chèvres.
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Exploration Trek Mustang Secret 2011
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Ce trek a été réalisé en collaboration avec l’agence népalaise francophone A.R.T (Altitude Randonnée Trekking) dirigée par Chhetup Tamang, un directeur prêt à tout pour satisfaire ses clients (il le porte sur lui d’ailleurs ! Voir le paragraphe suivant…). Sur le terrain, le service a été d’excellente qualité. Mené par un sirdar de haute qualité Niragan Ghising Tamang avec lequel il a été aisé de construire le trek de jour en jour pour profiter des meilleures opportunités, le staff composé en grande majorité de tamangs s’est révélé efficace et attentionné dans ce genre de trek découverte.
Le trek proposé n’est pas réalisable dans le temps imparti par les autorités népalaises, c'est-à-dire 13j contre le paiement d’une taxe de US$910/pers. C’est un fait ! Le seul moyen de pouvoir accomplir ce trek de 22 jours serait de disposer d’un permis touristique de longue durée. Mais force est de constater, amèrement, que ce permis-là n’existe pas pour le Mustang… Alors que faire ? L’unique possibilité est alors de demander un permis d’ascension (du Saribung Peak par exemple…) qui dispense, moyennant le versement de la taxe de US$1000 de 1 à 7 personnes et US$200 par personne supplémentaire jusqu’à 12, de pouvoir se balader dans le Mustang librement jusqu’à 45 jours de temps pour l’acclimatation sur n’importe quel sentier avant de procéder à l’ascension. Au moins deux avantages :
•C’est un forfait global pour un groupe de 7 personnes. Ramené par exemple à une taille de groupe de 5 « touristes », la part individuelle n’est plus que de US$1000 / 5 = US$200 bien loin de la note salée de la simple randonnée découverte dans le Mustang de 13 jours à US$910 !
•Ce précieux sésame en poche vous avez le droit d’aller vous « perdre » sur les sentiers de l’E et du NE du Mustang et vous poser où vous le désirez. C’est confortable !
Une seule restriction perdure quand même : il est totalement interdit pour un touriste étranger de dormir au N de Lo Monthang, disons dans le rayon de la vallée sacrée de Chhoser, Niphu et Garphu. Par contre, si l’envie vous prend de vouloir suivre la frontière tibétaine sur le fil des montagnes, pas de problème… Va comprendre Charles…!
Gageons que la manne d’aujourd’hui ne perdurera peut-être pas très longtemps… Seul inconvénient identifiable, il vaut mieux s’adosser à une agence de trek rompue à cet exercice pour s’y retrouver dans les arcanes de l’administration népalaise et savoir employer les moyens nécessaires pour faire apposer la signature officielle sur un blanc-seing… Au pire, compter une demi-journée de perdue sur Kathmandu avant le départ pour mettre tout en ordre et une demi-journée au retour pour la visite obligatoire du chef d’expédition (sinon US$1000 d’amende !) attestant qu’il a bien respecté ses obligations de nettoyage des camps lors de son passage… C’est de la triche, direz-vous ! Vous avez raison, mais a contrario, l’appel du Mustang est trop fort pour ne pas tenter de contourner cette réglementation inique et ne pas aller profiter des merveilles cachées.
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